boisforet-info Le Magazine du Bois et de la Forêt

N° 1436 - - 25 juillet 2002

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Les grands massifs

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© Playtime-Blvdr

En dépit d’un taux de boisement de 25 % inférieur à la moyenne nationale, la région Midi-Pyrénées, du fait de l’étendue de son territoire, présente la troisième plus importante surface boisée de France : 1 133 000 ha.
Le Tarn au Nord et la Haute-Garonne et l’Ariège au Sud sont les principaux départements forestiers de la région. La forêt midi-pyrénéenne est majoritairement privée (82%) et essentiellement composée de feuillus.
Les contreforts du Massif Central sont principalement occupés par des boisements privés très morcelés de taillis de chênes. La forêt paysanne y est fortement représentée.
La chaîne des Pyrénées présente quant à elle de belles futaies de montagne peuplées de hêtres et de sapins qui sont, pour une part importante, publiques.

En dépit d’une ressource importante, la production de bois d’œuvre de la forêt midi-pyrénéenne est relativement modeste. En raison, d’une part, de la qualité médiocre des taillis du Massif-central et, d’autre part, de la difficulté d’accès des futaies pyrénéennes. Reste que la filière-bois contribue de manière significative à l’activité régionale. Elle se particularise par une forte représentation des industries du meuble et de la menuiserie, dont la ville de Revel en Haute-Garonne est le haut-lieu.

Forêt de Grésigne : les coléoptères sur un piedestal

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© Dr

Installée sur les grès rouges d’un éperon du Massif-Central, la forêt domaniale de Grésigne sur la commune de Castelnau-de-Montmiral (81) présente , sur environ 3500 ha, des boisements marqués par la double influence atlantique et méditerranéenne. Elle est notamment constituée de futaies de chênes rouvres dont certains sont touchés par un dépérissement, semble-t-il lié à des conditions climatiques devenues défavorables.
Ces arbres moribonds offrent toutefois des niches écologiques particulièrement favorables aux invertébrés. Les entomologistes ont ainsi inventorié 2380 espèces d’insectes en forêt de Grésigne. Les communautés d'oiseaux sont également riches et diversifiées (pics, rapaces).
Les naturalistes y ont aussi repéré récemment la présence d’une espèce protégée de chauve souris arboricole : le Vespertillion à oreilles échancrées. Une biodiversité riche qui vaut à la forêt de Grésigny d’être classée parmi les sites du Réseau des habitats Natura 2000.
La forêt de Grésigne offre des promenades attrayantes, tant à pied qu’à cheval.

Forêt de Sivens : les loisirs après la mine

Situé à environ 30 kms à l'ouest d'Albi, la forêt départementale de Siven est constituée d'environ 700 hectares de feuillus et de conifères. Elle est la propriété du Conseil Général du Tarn depuis 1976 après avoir été celle de la puissante famille Solages, qui en tirait le bois nécessaire à l'exploitation de ses mines de charbon à Carmaux. Elle a connu une surexploitation par les houillères du Midi qui utilisèrent les essences résineuses pour fabriquer les étais des mines du Tarn. D'autres feuillus étaient destinés au bois d'industrie ou au bois d'œuvre.
Cette forêt est associée à trois bases de loisirs départementales dont celle d'Aiguelèze, les centres d'accueil de Razisse, et de Sérénac. Très fréquentées, des aires de jeux pour enfants et de pique-nique (tables et places à feu) y ont été aménagées par le Conseil Général. Elle offre de nombreux parcours de randonnées pédestres, courses d’orientation. Des sorties VTT accompagnées, et des visites guidées " environnement " y sont organisées

Espaces naturels protégés

Biros : la forêt aux ours et la réserve de l’Isard

Adossée à la frontière espagnole, dans la haute chaîne du Couserans, l’emprise domaniale de la forêt de Biros s’étend sur 7000 ha et intègre la zone d’estive sommitale. Depuis 1996, 136 ha ont été placés en réserve biologique dirigée. La réserve de l’Isard protège ainsi un très beau complexe de tourbières actives, composé d’une tourbière à buttes à sphaignes, d’une tourbière basse alcaline et un bas marais acide. Entouré d’une hêtraie-sapinière de montagne, ce milieu fragile craint essentiellement la colonisation naturelle des arbres. C’est pourquoi les gestionnaires de l’ONF ont préféré ce statut à celui de la réserve biologique intégrale. Car ils veulent pouvoir y couper les arbres menaçant l’instable équilibre de la tourbière, notamment les quelques épicéas qui avaient été introduits, il y a près d’un siècle.

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Chapelle de l’Isard à proximité
de la réserve
© office du tourisme

Mais des menaces d’actions humaines, il y a bien longtemps qu’il n’y en pas d’autres que celle de la fréquentation des touristes dans cette forêt quasi inaccessible où l’exploitation forestière est jugée non rentable en dépit de la présence de très beaux arbres.
Bref, cela fait déjà plus d’une cinquantaine d’année que les hêtres et les sapins de la vallée de l’Isard ne sont plus coupés. D’ailleurs, l’essentiel des 4200 ha de forêt de l’emprise domaniale de Biros n’est plus exploité, à l’exception de 233 ha de la partie basse. Elle est classée par le plan d’aménagement de l’ONF en série écologique d’intérêt général. C’est que les enjeux écologiques sont nombreux dans cette zone qui, en plus des deux espèces endémiques des Pyrénées : l’euprocte (un amphibien) et le desman (sorte de taupe aquatique insectivore), est fréquenté occasionnellement par le seigneur de la montagne : l’ours des Pyrénées et fait partie des zones les plus favorables du Grand-Tétras.
L’accès à la réserve de l’Isard est libre. Mais il faut le mériter. Non seulement il vous faudra grimper durant 2h30 le long du sentier du Tour du Biros depuis le parking de Frechendech jusqu’au refuge forestier de l’Isard mais aussi adopter un comportement totalement respectueux du milieu en vous abstenant notamment d’y cueillir la moindre fleur et d’y promener votre chien, même tenu en laisse.
Et encore, vous n’êtes pas sûr d’y parvenir tout seul. L’ONF, qui n’a pas encore eu le temps de passer à la phase active de l’accueil du public, n’a pas tracé de chemin d’accès. Le plus simple est encore de vous adresser à l’office du tourisme de Sentein qui vous mettra en relation avec un guide local.
En revanche, durant l’hiver, l’accès à toute la partie supérieure de la forêt est interdite pour ne pas déranger le Grand-Tétras. Le peu de calories que lui procurent les aiguilles de sapin qui constituent son unique pitance hivernale, ne lui donnent pas la force de s’envoler plusieurs fois de suite. Du coup, le passage de skieurs de randonnée risque de le faire mourir d’épuisement dans la neige. Heureusement, il existe d’autres accès aux crêtes sommitales enneigées qui réservent de très beaux panoramas sur toutes les forêts ariégeoises.


S’y rendre : Commune de Sentein, 25 km au Sud-Ouest de Saint-Girons(09). D 618 puis D4
Visite : pas de visite organisée
Contact :
Office de Tourisme du Biros
Village 09800 SENTEIN
05 61 96 10 90
05 61 96 16 72
http://otbiros.free.fr

Gestionnaire :
Office National des Forêts (O.N.F)
6 av Aristide Berges 09200 SAINT GIRONS
Tel : 05 61 66 04 11
Fax : 05 61 96 05 68
Email : div.saint-girons@onf.fr

L'accueil en forêt

Maison de la forêt à Sivens (Tarn)

Préparez votre pique-nique, vos chaussures de marche et votre gourde d'eau, la maison de la forêt de Sivens dans le Tarn, vous attend pour quelques heures de pure détente. Avec son accent chantant, Cathy Clavel y accueille les 45 000 visiteurs (y compris les scolaires) qui chaque année viennent prendre un grand bol d'air boisé.

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Depuis dix ans, la Maison de la forêt, qui appartient au Conseil Général du Tarn, organise chaque mois une exposition différente sur le thème de la nature. Des conférences, sorties botaniques ou balades contées sont également proposées régulièrement, et gratuitement, au public. Idéal pour les sorties familiales, la maison de la forêt installée dans une ancienne maison de maître restaurée au plein cœur d'une forêt de 700 hectares est équipée d'aires de jeux ou de pique-nique aménagées à deux pas des sentiers balisés. Un zeste de confort dans un environnement naturel accueillant : sans doute la raison du succès.
Maison de la forêt de Sivens
commune de Lisle-sur-Tarn, après Gaillac dans la direction de Montauban.
Réservations : 05 63 33 10 23

Arbres remarquables

Le Casse de Larrouy en forêt de Saint-Elix d’Astarax

Derrière ce nom gascon de " casse ", c’est bien un chêne sessile qui fait la fierté de la forêt. Âgé de 320 ans, il en est sans doute le plus vieil habitant. Les habitants du crû restent très attachés à l’exploitation de la forêt. Ils racontent volontiers qu’ils se sont néanmoins battus depuis plus d’un siècle pour sauver ce colosse haut de 30 mètres au tronc de 4,26 mètre de circonférence. Signe d’un bel avenir pour leur vénérable Casse.
Situation : au bord du chemin vicinal, à l’est de la parcelle 26

Les châtaigniers de "La Beuse" (Ariège)

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Parmi les nombreux châtaigniers plusieurs fois centenaires de la moyenne vallée de l'Ariège, les deux châtaigniers de la Beuse surprennent par leur stature qui témoigne de leurs 450 ans d'âge. Leurs énormes troncs de 6,30 mètres de circonférence imposent le respect. D'autant que leurs frondaisons ont bravé "les tempêtes qui sévissent dans cette partie de l'île d'Ariège appelées le Séronnais", ainsi que les attaques de diverses maladies.
Localisation : La Bastide de Sérou - Ariège
Propriétaire : Pierre Bugnas

Le Chêne vert de Mirepoix

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Ce chêne âgé de 700 ans est le dernier témoin vivant de la forêt de "Plaine Fage", où ses congénères furent au XIIIe siècle cédés par les Levis à la reconstruction de Mirepoix qui venait d'être détruite par une inondation. Notre vénérable chêne s'est largement dégarni en raison du gel de 1989. Fait exceptionnel, par la suite un tendon de sève s'est formé et détaché du tronc. Ce chêne a été classé en 1945 monument historique.
Localisation : Mirepoix - Ariège
Contact : Agence des arbres - Route de Toulouse - 09 350 DAUMAZAN
Tél. : 05 61 65 00 09

La chapelle et le hêtre de Sorèze (Tarn)

Connue depuis le XIIe siècle, la Chapelle dont il ne reste que quelques ruines abritées des intempéries par le hêtre, est sans doute une halte sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Contemporain de Louis XIV, voire même de Louis XIII et Richelieu, ce monument végétal, haut de 20 m et de 5,60 mètres de circonférence, a une longue histoire.
Le site fit partie du domaine de Pratviels, une des possessions en Montagne Noire des Bénédictins mauristes de l'Abbaye de Sorèze.


Renseignements : ouverture du lundi au vendredi : 10h-12h / 14h-17h30 ; samedi & dimanche : 14 h - 18 h
7 place Dom Devic - 81540 Sorèze
Tél. : 05 63 74 16 28
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